Communiqués du SSF

Cette section présente les communiqués en cours du Spéléo Secours Français ainsi que l'historique des communiqués depuis octobre 2008.

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2009-11-02 - Communiqué de presse de la FFS suite à la double plainte déposée par le SDIS26 relative au secours du Scialet des Chuats


FÉDÉRATION FRANÇAISE DE SPÉLÉOLOGIE

02/11/2009

Communiqué de presse de la Fédération Française de Spéléologie (FFS)

Le dimanche 1er novembre 2009, l’ensemble des médias français développait largement leurs titres sur une double plainte déposée par le SDIS de la Drôme à l’encontre de deux spéléologues secourus au Scialet des Chuats entre les 23 et 25 octobre dernier sur la commune de Bouvante.

La FFS a pris note de l’annonce faite ce jour, que la plainte du SDIS de la Drôme n’irait éventuellement pas à son terme, mais entend cependant réagir sur ce qu’elle considère comme étant une stigmatisation infondée de la spéléologie et de ceux qui la pratiquent.

En effet les propos tenus, pour la plupart fantaisistes et non étayés, constituent autant d’attaques contre les valeurs d’une pratique raisonnée, respectueuse et solidaire de la spéléologie portées par la Fédération Française de Spéléologie au travers de ses différentes commissions spécialisées, de ses comités et clubs et de l’ensemble de ses adhérents.

La Fédération Française de Spéléologie ne peut accepter :

  • La remise en cause de la compétence et de la connaissance du milieu souterrain de ses membres et cela d’autant plus lorsque ceux-ci apportent leur contribution à la connaissance scientifique d’un milieu qui présente de multiples intérêts pour la collectivité (structure des terrains, préhistoire, circulation des eaux souterraines, connaissance de la faune cavernicole, étude des pollutions et contaminations en provenance de la surface…). Tel était bien l’objectif des explorateurs dans le gouffre des Chuats car cette cavité récemment découverte permettait une collecte d’informations d’ordre scientifique unique et novatrice en terme de connaissance de ce secteur souterrain du Vercors.
  • La prétendue inconscience des personnes incriminées alors que celles-ci avaient non seulement veillé à respecter toutes les règles de précaution et de prévention nécessaires à une pratique en sécurité mais également à organiser avec minutie l’expédition. Cela faisait plus d’un mois qu’un bivouac avait été mis en place dans cette cavité en vu de cette expédition et plusieurs sorties préalables avaient permis à cette équipe de connaître un niveau d’eau de la cavité exceptionnellement bas en cette période. Un arrêté de restriction des eaux sur cette commune témoigne, depuis juillet 2009, des niveaux des eaux particulièrement bas dans ce secteur. Enfin, la météo prise préalablement à cette expédition pour la semaine indiquait bien des chutes d’eau, mais ne laissant présager aucun risque majeur au regard de l’ensemble des éléments pris en considération pour la réalisation de cette sortie, et sans commune mesure avec celle réellement enregistrées en fin de semaine.

Elle ne peut également cautionner :

  • L’attaque portée publiquement à une victime dans le cadre d’une opération de secours car elle est une atteinte à la déontologie des sauveteurs dont la seule préoccupation devrait être de pouvoir se concentrer sur la sauvegarde de la personne sans que vienne interférer une quelconque notion de responsabilité du secouru.
  • La remise en cause du déroulement de l’opération de secours, conduite par le Spéléo Secours Français (commission spécialisée de la Fédération Française de Spéléologie) sous la direction de l’autorité requérante qui en a validé les différentes phases et notamment le dimensionnement des équipes. Les 54 sauveteurs du SSF mobilisés étaient non seulement nécessaires à la réalisation des différentes missions de l’opération mais ils étaient également les seuls à posséder les compétences requises pour intervenir dans une telle cavité, aucun des personnels du SDIS 26 n’étant compétent dans ce domaine. Ils ont de plus été mobilisés sur un temps le plus court possible entre le vendredi soir et la nuit du samedi au dimanche.
  • L’annonce d’un coût prohibitif de l’opération alors que sur les 30 000 à 40 000 euros annoncés la part correspondant à l’intervention des 54 sauveteurs du Spéléo Secours Français sur cette opération s'élève à 11 770 €, soit un coût de seulement 218 € par sauveteurs SSF engagés (frais de déplacements, pertes de matériel, matériel consommable utilisé et indemnisation horaire durant le temps d’opération inclus).

La Fédération Française de Spéléologie déplore que cette opération de secours, qui a été une entière réussite sur le plan technique et humain, n’ait été le prétexte d’une nouvelle remise en cause de la gratuité des secours pourtant clairement réaffirmée dans la loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004.


En vous remerciant de toute l’attention que vous pourrez porter à ce communiqué afin que les spéléologues eux-mêmes puissent être entendus, nous restons, Madame, Monsieur, disponibles pour vous fournir de plus amples informations, voir de nous rendre disponibles pour toutes interviews, confrontation ou échanges sur ce sujet.

Cordialement.

A noter :
En France :
La Fédération Française de Spéléologie dispose d’un effectif de 7000 membres.
Le nombre de pratiquants global de cette activité est de l’ordre de 15 000 individus.
Le nombre de journée de spéléologie annuel est de l’ordre de 115 000 journées/an pour les membres issus de la FFS et estimé à 230 000 journées/an pour la globalité de la pratique spéléologique sur le territoire),
Le SSF dispose de 2000 sauveteurs formés sur l’ensemble du territoire et recense une moyenne de 28 secours par an contre 34 il y a moins de 10 ans (soit la démonstration d’une prévention et d’un enseignement qui fonctionne et porte ses fruits).
1/3 de ces 28 secours annuels seulement concerne des membres de la Fédération Française de Spéléologie, les deux autres tiers pours lesquels interviennent aussi les équipes du Spéléo-secours Français concernent, des individus extérieurs à la fédération.


Contacts communiqué :
Mme Laurence TANGUILLE, Présidente de la Fédération Française de Spéléologie, 06 25 18 09 52
M. Dominique BEAU, Président du Spéléo-Secours-Français, 06 72 24 19 00
M. Bernard TOURTE, Président Adjoint du Spéléo-Secours-Français, 06 08 75 95 29

2009-10-23 - Analyse des causes de l'accident de plongée du Ressel du 28 mars 2009


1- Préambule

2- Les faits

3- Les hypothèses

4- Conclusion


1- Préambule

Les 29 et 30 mars 2009 le SSF effectuait l’évacuation du corps d’un plongeur décédé à 1010 mètres de l’entrée dans la Résurgence du Ressel dans le Lot (46). (Lire l'article sur le secours).
L’analyse suivante a pour objectif d’examiner les différentes causes ayant conduit à l’accident et à attirer l’attention des plongeurs sur la nécessaire vigilance face à une évolution rapide des matériels et des pratiques de plongée.

2- Les faits

Deux plongeurs A et B s'engagent dans la résurgence du Ressel.
A & B ne se sont vu que 4 ou 5 fois et c'est la seconde fois qu'ils plongent ensemble.

2.1- Matériel

A plonge en recycleur rEvo diluant Trimix.
Il fait sa redondance avec une 20L de Trimix 10/50 et une S80 (=11,1L) de Nitrox40 laissée dans le puits à -30m.
Il se déplace avec un UV18.

B plonge en recycleur Kiss diluant air.
Il fait sa redondance avec deux S80 d'air qu'il garde sur lui.
Il se déplace avec un UV18.

B a acheté son Kiss d'occasion il y a 10 jours et a fait 2 plongées avec qui totalisent 4h de pratique.

2.2- Objectifs

A annonce qu'il se baladera jusqu'au premier kilomètre qu'il ne connaît pas encore.
B n'est pas bien précis sur ses objectifs. Comme il n'a que de l'air, A lui demande s'il compte s'arrêter à la base du puits n°4 (environ 420m de distance pour -45m de profondeur) mais n'a pas de réponse franche, et la discussion reprend sur autre chose.

2.3- Calculs d'autonomie

Hypothèses :
Respiration de 20L/mn en progression normale et 80L/mn lors de l'essoufflement.
Progression à une moyenne de: 30m/mn en propulseur et 15m/mn à la palme.
Profil : 200m à -15m, puis 100m à -20m, puis 50m à -30m, puis 50m à -40m, puis le reste à -60m.

Estimons la redondance juste nécessaire (=sans prévoir de marge de sécurité) en considérant un retour à 15m/mn et une conso de 20L/mn.
Une S80 (de A ou de B) permet de revenir de 250m de distance avec 40minutes de paliers estimé (10' à -9m et 30' à -6m.)

La seconde S80 de B lui permet de faire 300m de plus, soit un retour depuis 250+300=550m maxi, soit le grand virage de 90° à gauche après la dépression (HZ/40 sur la topo).

La 20L de A lui permet de revenir de 500m de plus, soit un retour depuis 250+500=750m maxi, soit le second grand virage de 90° à gauche (HZ/50 sur la topo).

En retour panique au propulseur (vitesse à 30m/mn et respiration à 80L/mn) les 2 S80 se vident en 16 minutes à -60m, ce qui permet de faire 240m.

Le propulseur : l'UV18 a 2000m d'autonomie, donc 1000m max de pénétration.

2.4- Plan de la zone profonde.

Analyse accident du Ressel - Plan zone profonde

 

2.5- Calculs de narcose

Narcose équivalente avec un diluant air à -68m (là où ils se sont rendu compte de leur égarement), et à -60m (prof moyenne de la zone profonde selon la ppO2 respirée :

PpO2 de la boucle

Profondeur de narcose équivalente si on respire de l'air

À -60m

A -68m

0,6

70

80

0,8

67,5

77,5

1

65

75

1,2

62,5

72,5

1,4

60

70

1,6

57,5

67,5


Note : habituellement un plongeur en circuit fermé maintient sa ppO2 entre 1,0 et 1,4 en progression. A cette profondeur il est donc légèrement plus narcosé que s'il plongeait à l'air en circuit ouvert.
Si le plongeur kiss ne gère pas sa ppO2 quelques temps, celle-ci va décroître doucement car il consomme plus d'O2 que le système n'en injecte. Cela se fera bien entendu au détriment de l'azote qui va augmenter (ainsi que la narcose).

2.6- Récit du témoin

Le plongeur A part dans l'idée de faire sa plongée seul car il sait que son collègue n'a pas la même autonomie en redondance, ni le même objectif que lui et qu'il fera demi tour avant pour le laisser terminer seul.

Ils partent ensemble. Arrivés à la base du P4 (point 1 sur la topo ; environ 420m de distance pour -45m de profondeur), le plongeur A se concentre sur sa plongée car dans sa planification il devait continuer seul, mais le plongeur B continue de le suivre. Le plongeur A n'a jamais eu la présence d'esprit de se demander ce qu'il faisait encore là avec lui et donc de lui proposer de faire demi tour.
Quand le plongeur A lui fait signe pour savoir si ça va, le plongeur B lui répond que tout va bien. Aussi le plongeur A se reconcentre sur sa plongée, surveille ses paramètres et ne pense pas que son collègue a un diluant air.

Arrivé au point 2 (830m sur la topo), ils remarquent le carrefour (un autre fil est noué sur la ligne principale ; une flèche indique la sortie) et s'engagent au plus évident (dans la galerie supérieure), laissant la galerie inférieure sur leur gauche.
Ils n'ont pas vu l'étiquette 1000m, et feront demi tour ensemble plus loin que prévu sur l'étiquette 1080m (point 3 sur la topo). Peu après le demi tour, ils croisent alors l'équipe de 3 Hollandais qui se dirige vers le fond.

De retour à 830m ils ne remarqueront pas le carrefour. A cet endroit de la galerie plusieurs fils sont posés et avec le scooter il est difficile de garder toujours les yeux sur le même fil que l'on suit en pointillé.
Ils s'engagent au plus évident dans la galerie inférieure, main droite, qui les ramène vers le fond de la cavité. Le plongeur A ne reconnaît pas la galerie et commence à douter. Au bout de 200m ils arrivent en haut d'un puits (point 4 sur la topo). Le plongeur A va descendre jusqu'à -68m, profondeur qu'ils n'ont jamais atteint sur le parcours aller. Le plongeur A réalise alors qu'ils se sont trompés et fait signe au collègue B de faire demi tour.

Celui-ci prit de panique part devant, le scooter à fond tout en palmant rapidement.
Le plongeur A se laisse volontairement distancer, préférant se poser au fond pour éviter l'essoufflement et laisser évacuer le stress.
A partir de ce moment là ils sont séparés et ne se reverront plus.

Une fois calmé le plongeur A suivra le fil attentivement, repèrera le carrefour de 830m (point 2 sur la topo) puis prendra la galerie de la sortie signalée par des flèches sans revoir son collègue.

2.7- Constatations

Par le groupe de Hollandais

Samedi après midi, la victime est vue sur leur retour vers 1100m dans la galerie supérieure. Elle était inerte, détendeurs hors bouche, sans masque, scooter toujours en marche et collée au plafond. Sa cagoule flottait au plafond. Ceux-ci ont essayé de lui remettre un détendeur en bouche, mais la victime ne respirait déjà plus, et en circuit ouvert ils ne pouvaient pas se permettre de passer trop de temps dans cette zone.

Par la première équipe de recherche

La victime sera localisée dimanche soir à 1010m. Elle n'était plus au plafond, mais au sol. Elle n'a effectivement aucun embout en bouche et ses deux S80 sont vides. L'embout de son recycleur n'est pas sur la position BOV, mais sur la position recycleur : celui ci est donc noyé. Impossible d'équilibrer la victime du fait que ses blocs sont vides.
Le sauveteur ramènera le propulseur et la S80 utilisée pour inflater le gilet stabilisateur pour faciliter l'évacuation du lendemain. Il laisse la S80 reliée au vêtement sec pour éviter des entrées d'eau dans le vêtement. Il fixera une balise lumineuse sur le corps ainsi qu'au carrefour de 830m afin de le sécuriser.

Par l'équipe d'évacuation profonde

Nouveau contact lundi après midi.
Ajout d'une sangle sur les anneaux de torse du harnais de la victime pour la solidariser au sauveteur afin de la déplacer plus facilement.
Une bouteille de 4 litres a été utilisée pour équilibrer le volume étanche de la victime ; une grande quantité d'air a du être injectée afin de décoller la victime du fond. Le gilet stabilisateur n'a pas été utilisé.
La victime a été déplacée jusqu'au palier de -30m dans le puits, à 400m de l'entrée.

Par la seconde équipe d'évacuation

Suite à la remontée effectuée dans le puits, la victime se trouve en flottabilité très positive et l'équipe a du purger son volume étanche afin de rétablir une flottabilité nulle. Dans l'opération elle s'est rendue compte que le direct système du gilet stabilisateur de la victime a une fuite importante au niveau du collier de serrage et l'air fuit au contact du tuyau annelé quand on le gonfle. Il est possible que le tuyau annelé se soit déboîté lors du déplacement par la première équipe.
Son recycleur est noyé, la boucle très négative traîne au sol.

3- Les hypothèses

Quand les plongeurs se sont rendus compte qu'ils ne sont pas sur le chemin du retour, la victime est déjà bien narcosée avec son diluant air. La distance réalisée en dessous de 50m : 600m aller + 200m retour + 200m mauvaise galerie = 1000m soit plus de 30 minutes exposé à une forte fN2.

Le stress s'installe pour la victime, car :

  • Il se rend compte qu'il est perdu, qu'il s'est éloigné de la sortie à son insu, et qu'il ne sait pas à quel endroit il s'est trompé.
  • Il a déjà plus de 100 minutes de palier affiché sur son ordinateur et alors qu'il croyait bientôt démarrer sa décompression il se rend compte que les paliers vont encore se cumuler,
  • Peut être prend t-il aussi conscience qu'il n'a pas sa place en ces lieux (narcose, mauvais choix du diluent, limite autonomie propulseur, limite en redondance, ...)


La narcose ne lui permet pas de gérer efficacement ce stress. Il panique et part en palmant rapidement. Il est probable qu'à partir de ce moment là il ne surveille plus sa ppO2 qui va doucement chuter à cause des efforts physique qu'il fait, ce qui va amplifier sa narcose.

Très vite il va déclencher un essoufflement, ce qui va le conduire à quitter le recycleur pour passer en ouvert. Sachant que sa BOV est sur une bouteille de 3L, il passe directement sur son bloc de sécu, laissant ouvert l'embout du recycleur qui va se noyer.

Quand est survenu l'essoufflement ?
En faisant les hypothèses qu'à partir du moment où il a quitté le recycleur, ses deux S80 de bails out étaient encore à 200 bars et qu'il les a vidé en consommant 80 L/mn et en avançant à 30m/mn, on peut estimer qu'il s'est déplacé de 240m. Compte tenu du lieu où la victime a été retrouvée, et du parcours présumé qu'il a suivi (180m dans la galerie supérieure de 1010m au carrefour de 830m et 60m dans la galerie inférieure), on peut raisonnablement estimer qu'il a quitté son recycleur à 890m dans la galerie basse. Le puits où ils ont fait demi tour étant à 970m, il se sera déplacé de 80m avec le scooter, soit moins de 3 minutes avant que son essoufflement ne l'oblige à passer en ouvert.

Pourquoi s'est-il essoufflé ?
Lorsqu'il a prit conscience qu'il s'était perdu, le stress l'a conduit à une respiration rapide et les efforts de palmage ont généré plus de CO2 qu'à l'habitude. Ensuite :
- Soit du fait de la ventilation rapide, le CO2 expiré n'a plus le temps de séjourner suffisamment longtemps dans la chaux pour être éliminé et le filtre a été dépassé par les événements.
- Soit comme sur un Kiss le filtre axial a une bonne capacité, il est probable qu'il y ait eu une résistance respiratoire élevée, d’autant plus à 60 mètres avec un diluant air. Cela peut suffire à générer un dysfonctionnement respiratoire, conduisant à l’essoufflement et à une détresse respiratoire.

Pourquoi a t-il noyé son recycleur ?
Le fait qu’il n’a même pas pivoté le levier de sa BOV témoigne de l’état de stress/confusion, car c’est la manœuvre la plus simple qui soit (c’est même pour ça qu’on monte des BOV).
Par contre le fait que la BOV était sur une bouteille de 3L, il savait pertinemment qu'il n'aurait pas le temps de passer son essoufflement dessus. Il est alors possible qu'il ait préféré ne faire qu'une seule fois la manœuvre de changement d'embout, (très délicate en état de détresse respiratoire) afin de conserver du diluant sur son recycleur.
D'autre part il n'avait que très peu d'expérience sur un recycleur, et donc il n'a peut être pas eu le réflexe de fermer l'embout.

4- Conclusion

Voici l'arbre des causes pouvant expliquer cet état de faits et les enchaînements.

 

Analyse de l'accident du Ressel - Arbre des causes


Dans la colonne de droite on voit les 7 causes qui ont participées au drame.
S'il est toujours possible de gérer un ou deux paramètres défaillants, il est très délicat de gérer autant de paramètre en même temps.

La principale cause de l'accident est un diluant non adapté à la profondeur. C'est pour cette raison qu'il n'a pas pu gérer correctement les autres événements.
Son collègue qui n'était pas beaucoup mieux équipé que lui en redondance ne s'en est sorti que parce qu'il était au trimix et qu'il est resté clair.

Rappelons les règles de prudence élémentaires à respecter :

  • Connaître son matériel avant de faire des plongées engagées et l'entretenir. Se familiariser avec des nouvelles configurations sur des plongées habituelles et bien connues.
  • Planifier sa plongée avant de partir (se renseigner sur la topo et fixer ses objectifs). Ce n'est pas une fois narcosé qu'on sera en mesure de décider quand faire demi tour.
  • Prévoir un volume de gaz redondant adapté au parcours prévu afin de pouvoir gérer une panne du recycleur au point le plus éloigné,
  • Prévoir un mélange respiratoire adapté à la profondeur
  • Rester en deçà de ses limites (mentales et physiques) et ne pas hésiter à renoncer.
  • Rester calme en toute situation.

Cette analyse a été réalisée conjointement par :

  • Les Techniciens Référents en Spéléo Plongée du SSF, représentés par Olivier LANET,
  • L'Ecole Française de Plongée Spéléo, représentée par Frédéric MARTIN

2009-05-14 - Accident canyon des Ecouges (38)

Communiqué du Spéléo Secours Français

Suite à l'accident du lundi 4 mai 2009 dans la partie haute du canyon des Ecouges (38) ayant coûté la vie à un pratiquant, le Spéléo Secours Français a participé aux opérations de récupération du corps coincé par le courant dans le siphon situé au pied de la première C22.

Deux spéléologues artificiers membres du Spéléo Secours Français, réquisitionnés pour l'opération, ont travaillé toute la journée du 5 mai dans des conditions difficiles afin de dynamiter des blocs pour faire baisser le niveau dans la vasque et favoriser l'accès à la victime ; celle-ci a été dégagée mercredi en fin de matinée.

Les artificiers sont restés sur place l'après-midi pour condamner définitivement le siphon.

D'autres opérations auront lieu dans quelques jours après une réunion de concertation avec la Mairie de Saint Gervais et le Parc Naturel Régional du Vercors pour effectuer des modifications sur la main-courante en haut de la cascade et éventuellement finaliser les travaux entrepris sur le siphon.

Il est bien évidemment conseillé d'éviter d'entreprendre la descente du canyon pendant les jours où seront réalisés les travaux ; un affichage sur place informera les pratiquants.

Canyon des Ecouges - Partie 1
Canyon des Ecouges - Partie 1

2009-04-27 - Les infos en direct du stage au Brésil

Vous retrouverez dans cet article actualisé régulièrement le déroulement du stage organisé au Brésil du 10 au 21 avril 2009.

27 avril 2009

Revenons donc à Sao Paulo, après la partie pratique qui s'est bien déroulée, nous avons préparé le matériel pour effectuer la dernière partie. Celle-ci se déroule dans le "Parque Estadual Intervales" dans l'état de Sao Paulo à quelques 300 km de la capitale du même nom. Pour se rendre dans ce lieu, il faut compter dans le meilleur des cas environ 4h00 mais cela peut être beaucoup plus long, cela dépend notamment de la circulation dans la ville de Sao Paulo (une des plus grandes du monde tout de même!).

Une fois sur place, notre première mission a été de repérer les cavités les plus intéressantes et les plus proches. Un guide du parc, nous a conduit rapidement et notre choix a été vite fait.
Ensuite, nous nous installons et découvrons les infrastructures du parc. Encore quelques heures de travail, et nous sommes prêts pour recevoir les premiers stagiaires.

Le lendemain après le café du matin, nous voilà presque tous réunis, trente six stagiaires plus quatre cadres. La direction du parc est très accueillante. Elle met à notre disposition toutes ses infrastructures, du matériel radio ainsi qu'un guide pour nous assister dans nos déplacements.


Pendant les deux premiers jours, nous allons alterner les ateliers et les projections. Chaque sortie est débattue en fin de journée avec comme support soit les photos, soit le film, effectués lors des manœuvres.
Chaque participant peut ainsi se rendre compte de ses erreurs ou de ses lacunes. Toutes les techniques d'évacuation sont abordées lors de ces deux jours. Chaque équipe met en œuvre des ateliers « d'évacuation verticale » et effectue un long parcours de brancardage.
Le troisième jour est consacré à une intervention réalisée au plus près de la réalité. L'alerte sera donnée par téléphone du parc lors du petit déjeuner. Rapidement la première équipe est formée par les cadres. Ensuite, les stagiaires géreront eux même l'intervention avec les maigres bases sur la gestion qu'ils possèdent. Bien entendu, les formateurs ont assisté de près cette partie. Dans la cavité, les équipes se sont enchaînées et l'exercice quoique un peu lent a permis l'extraction de la victime en une douzaine d'heures.

 

 

Le dernier jour a été dédié au débriefing de l’exercice de la veille et à l’évaluation individuelle des stagiaires ainsi qu’ au rangement et à l’inventaire du matériel. Après un discours de la direction du parc, notre collègue brésilien Daniel a fait une synthèse du stage et a remercié tous les partenaires. Ensuite, nous avons pris la traditionnelle photo de groupe.

Les derniers stagiaires ont quitté le parc en fin d’après midi après leur évaluation.

Les deux derniers jours ont été entièrement consacrés au voyage de retour, au nettoyage du matériel et à la préparation de nos bagages. Nous avons également commencé le CR de la formation que nous pensons terminer rapidement.

D’après leurs dires et annotations, les stagiaires semblent très contents et satisfaits de cette formation.

Christian, Jef et Olivier

16 avril 2009

Hier soir nous avons effectué un exercice ASV avec réalisation de plusieurs points chauds.

Aujourd'hui nous allons mettre en pratique les techniques de secours sur corde à la caserne de pompiers de Sao Paulo, qui nous reçoit pour cette partie du stage. Parmi les 33 stagiaires de ce 2° cycle, un pompier de Sao Paulo et des médecins.

L'ambiance du stage est vraiment conviviale et les spéléos brésiliens sont très demandeurs pour acquérir le maximum de connaissances sur toutes les techniques de secours spéléo.

Question horaires, nous sommes un peu décalés par rapport à la vie quotidienne, avec des cours qui se terminent autour de minuit. Après quoi nous mangeons pour être couchés à 2 heures du matin et debout vers les 8 heures.

Ce matin nous avons fini de restaurer la civière TSA fournie par le Gard.

Il est à présent 14 h30 et nous allons prendre le repas de midi avant d'aller pour 16 heures mettre en place les cordes pour les exercices techniques de ce jour.

Demain nous devons partir pour le parc qui nous permettra de mettre en application pour les 2 groupes les différentes techniques dans un environnement souterrain.

Nous ferons un nouveau tri dans les photos et vous en enverrons au prochain contact.

Christian, Jef et Olivier

 

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Aujourd'hui nous faisons les techniques sur corde et de secours à la caserne de pompiers qui nous reçoit pour cette partie du stage à Sao Paulo.

Sur 33 stagiaires de ce 2° cycle il y a 1 pompier de Sao Paulo. Il y a également des médecins et hier soir nous avons fait l'ASV avec réalisation de points chauds.
L'ambiance est vraiment conviviale et les spéléos brésiliens sont demandeurs pour accumuler un maximum de savoirs.

Nous sommes décalés pour la vie quotidienne avec des cours qui se terminent autour de minuit. Après quoi nous mangeons pour être couchés à 2 heures du maton et debout vers les 8 heures. Ce matin nous avons fini de restaurer la civière TSA fournie par le Gard.

Il est 14 h30 et nous allons prendre le repas de midi avant d'aller pour 16 heures mettre en place les cordes pour la technique de ce jour.

Demain nous devons partir pour le parc qui nous mettra dans les applications souterraines pour les 2 groupes. Nous ferons un nouveau tri dans les photos et vous en enverrons au prochain contact.

Christian, Jef et Olivier

15 avril 2009

Le stage est organisé par le Grupo Bambui de Belo Horizonte et particulièrement par Daniel Viana.
L’animation du stage est assurée par Daniel Viana (Brésil), Jean François Perret, Olivier Sausse et Christian Dodelin (tous trois du SSF)

La première session s’est déroulé avec succès à Belo Horizonte.
Pour mémoire le stage se passe en 3 phases :
La première a accueilli 23 spéléos Brésiliens de Brasilia, de Sao Paulo et de Belo Horizonte. Parmi eux 2 sapeurs pompiers de Belo et 1 de Brasilia.
Côté spéléo ils appartiennent à des groupes associés à la Redespeleo Brasil ou à la Sociedade Brasileira de Espeleologia.
Nous avons commencé hier soir la deuxième session à Sao Paulo qui rassemble 28 autres spéléologues. Le programme sera identique à la première session.

  • Présentation des participants et leurs attentes (beaucoup sont plutôt pratiquants canyon ou montagne. Pour la spéléo certains pratiquent sans l’usage de cordes.)
  • Indication du programme du stage.
  • Présentation du SSF au moyen d’un montage power point en portugais.
  • Tour de table permettant à chacun d’évoquer des incidents ou accidents dans leur pratique spéléo au Brésil. Ceci débouche sur une analyse des risques propres au Brésil. Pour chaque évènement nous déterminons les causes, les conséquences, l’action immédiate, l’action de secours et les solutions brésiliennes à venir ou à créer.
Stage SSF Brésil 2009 - Tour de table
  • Bon nombre d’incidents ou accidents ont été évoqués et leur recensement devrait conduire à créer un historique des secours spéléos au Brésil et déboucher sur une prévention et un enseignement dans les clubs.
  • Vidéo de l’exercice secours à Sassenage afin de montrer l’organisation et le déroulement d’une opération de secours.
  • Apports sur la gestion et les outils depuis l’alerte, les prises de note, l’utilisation du diagramme et du planning. Nous faisons une simulation où les stagiaires participent aux projections et estimations. Les documents techniques sont déjà traduits et transposés en portugais par Daniel qui a suivi le stage international en France en 2001.
  • L’ASV sera abordé au moyen du power point SSF traduit en anglais.
Stage SSF Brésil 2009 - Transmissions
  • Les transmissions se sont faites en 2 fois : au local pour les téléphones et généphones et sous terre pour le TPS qui a fonctionné dès sa mise en œuvre aux heures convenues depuis la surface au fond de la cavité.
  • Un premier exercice sous terre s’est fait après une journée passée sur la tour des sapeurs pompiers de Belo Horizonte pour les acquisitions techniques secours et un parcours de progression sur corde.
Stage SSF Brésil 2009 - Exercices pratiques

La dernière partie se fera dans un Parc Naturel pendant 4 jours avec des sorties sous terre et un exercice rassemblant les participants des 2 sessions théoriques soit une cinquantaine de spéléos.

Nous effectuons un compte rendu détaillé au fur et à mesure du déroulement du stage ainsi qu’une vidéo et des photos pour un compte rendu en images.

Christian, Jef et Olivier

Lire l'article de la revue Brésilienne Conexao subterranea

 


 

 


 

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